Autisme virtuel : un abus de langage qui plaît aux médias…

Aujourd’hui, nous vous proposons un article de Laurence Dudek, psychothérapeute et psychopédagogue, qui a réagi à l’emploi inadapté du terme « autisme virtuel » par le COSE. En peu de mots, tout est dit !

 

« Autisme virtuel » : un abus de langage qui plaît aux médias… et qui révolte scientifiques et spécialistes.

La polémique est récemment arrivée jusqu’à moi et l’on me demande de me positionner. Cela va être plutôt rapide et sans ambiguïté : non, je ne soutiens pas le Dr Ducanda ni aucune autre personne qui s’approprierait le terme d’« autisme » (même assorti d’un vocable « correctif » : « faux autisme » , « autisme virtuel », « autisme temporaire », etc. ) pour qualifier des comportements abusivement étiquetés comme des « symptômes » et des apprentissages qui sont réversibles, non normatifs et selon toute vraisemblance entrent dans le domaine du fonctionnel (et non du lésionnel ni de l’organique), sur la base d’observations individuelles cliniques et sans étude ni « travaux » validés par la communauté scientifique.

J’ai moi-même alerté les parents à plusieurs reprises ici sur la toxicité cognitive des écrans tactiles et leur attractivité addictive pour les enfants de moins de trois ans et sur la nécessité de les extraire dès lors que leur développement en est affecté. Cependant, je considère qu’il est de la responsabilité des professionnels de faire la distinction entre ce phénomène sociétal de nature psychoéducative (dont les solutions résident dans un changement de pratiques) et l’autisme, qui n’a rien à voir avec l’éducation et n’est JAMAIS réactionnel au stimulus éducatif ni psychoaffectif ! Nous avons suffisamment souffert de ces croyances psychanalytiques débilitantes et des dégâts qu’elles font encore sur les enfants dont les parents sont désinformés, pour accepter qu’il soit de nouveau induit (même tacitement) que l’autisme pourrait relever d’un déficit relationnel ou de compétences dans l’exercice de la parentalité.

C’est pourquoi, Jusqu’à preuve du contraire (et en sciences nul n’est besoin de démontrer que la preuve n’existe pas), aucune « théorie », fût-elle plébiscitée par les médias (toujours prompts à sauter sur la facilité pour faire de l’audience), qui emploie le terme « autisme » autrement que pour ce qu’il désigne avec de plus en plus de discernement dans la communauté des gens qui s’y intéressent et/ou qui le vivent, ne mérite d’être « défendue ». Il serait bon que les personnes qui s’y sont fourvoyées adoptent une position à la fois humble et savante : en écoutant les parents, les spécialistes et les gens concernés, qu’ils(elles) fassent marche arrière et changent leur manière de communiquer (et de décrire les comportements réactionnels liés à l’exposition précoce et intensive aux écrans tactiles), plutôt que récolter des fonds en organisant une pétition pour entrer dans un rapport de force juridico-médiatique dont les enfants seront (comme toujours) les grands perdants.

Avec toute ma bienveillance,

 

LD

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