Petite mise au point à destination des gens de bonne foi…et des autres

Le dimanche 25 novembre, notre collectif a engagé un certain nombre d’échanges sur Twitter avec des partisans du COSE.

Nous avons été frappés par des arguments récurrents qui nous ont été opposés à plusieurs reprises par plusieurs twittos.

Peut-être à court d’arguments, nos contradicteurs nous ont répondu, parfois sous forme d’une question, parfois sous forme d’une affirmation, que si nous combattions les théories du COSE, c’est donc que nous étions favorables à la surexposition des tout-petits aux écrans.

Assez rapidement, il est apparu que ceux qui tenaient de tels propos avaient deux types de profil :

– certains sont engagés sur le fond du dossier, dans le camp du COSE. Ils connaissent donc mieux le sujet et ont évidemment tout intérêt à nous décrédibiliser en travestissant nos propos pour nous faire passer pour des irresponsables, favorables à une exposition précoce des tout-petits aux écrans. Ceux-là sont indiscutablement de mauvaise foi et espèrent ainsi détourner l’attention du problème de fond, et éviter de développer une argumentation sérieuse. Nous avons eu hier quelques exemples de « bottages en touche » assez extraordinaires pour éviter de répondre aux « questions qui dérangent ». Sur ce point, nous avons déjà amplement argumenté, non seulement ces derniers mois mais aussi plus récemment via ce collectif et son site internet, pour expliquer notre position. Pour ces twittos-là, pour qui la mauvaise foi fait office d’argumentation, il n’y a malheureusement pas grand chose à faire : qui est de mauvaise foi un jour le restera toujours, surtout s’il y a un intérêt personnel.

– mais nous avons également échangé avec des twittos, pour certains soutiens des précédents, mais qui connaissent bien moins le fond du sujet et ses enjeux, car non impliqués personnellement dans le débat. Eux aussi nous ont fait ce même reproche, mais peut-être sont-ils encore éducables sur le sujet. C’est pour ceux-là que nous apporterons quelques précisions importantes.

Première précision

Ne confondons pas tout : l’objet de notre collectif est de lutter contre les manipulations du COSE et de ses soutiens qui ont sciemment mêlé l’autisme à la discussion sur la surexposition des tout-petits aux écrans, il y a de cela maintenant plusieurs mois.

La surexposition des enfants aux écrans et leurs effets, que ce soit sur le plan du développement ou scolaire, est peut-être une réalité. Mais quel que soit le débat sur ce point, il n’existe aucune raison valable d’y mêler l’autisme en l’état actuel des connaissances sur le sujet. D’autant plus pour conclure qu’il existe de faux autistes, qui coûtent cher à la société et qu’on peut « guérir » par un simple arrêt des écrans. Sur ce point, nous ne saurions trop recommander la lecture du livre de Sabine Duflo « Quand les écrans deviennent neurotoxiques ». Même si cela nous ennuie évidemment de faire sa publicité, c’est pourtant une lecture très éclairante sur la question de l’autisme virtuel, objet de notre collectif, et ceux qui soutiennent le COSE trouveraient sans doute dans cette lecture matière à remettre en cause certaines de leurs certitudes sur le « combat » mené par le COSE…

Nous le répétons : c’est sur ce sujet de l’autisme virtuel, et uniquement sur ce sujet, que notre collectif a été constitué. Comme tout collectif, il réunit des personnes d’horizons, de sensibilités, d’expériences différentes, qui peuvent chacune avoir un avis différent sur l’éducation aux écrans, leur place dans les apprentissages, l’âge auquel il est possible de confier un objet numérique à un enfant, etc. Il est donc ridicule d’interroger notre collectif en tant que tel sur son avis sur le temps d’exposition à ne pas dépasser pour les très jeunes enfants : c’est un autre débat, ce n’est pas celui du collectif, et sur cette question, chacun est en droit d’avoir son avis personnel qui n’engagera pas celui du collectif.

Nous le redisons clairement, même si nous l’avons déjà dit et qu’il suffit de lire nos articles pour le savoir : nous ne sommes pas des psychopathes prêts à mettre entre les mains d’un très jeune enfant (1 ans, 18 mois) un smartphone, une tablette, un jeu vidéo, et cela plusieurs heures par jour. Ceux qui font de tels raccourcis feraient mieux d’argumenter au lieu de caricaturer bêtement.

Nous ne militons pas non plus pour un usage intensif du numérique dès le plus jeune âge, que ce soit à l’école ou dans la vie familiale. Sur ce point, là encore, chaque membre de notre collectif peut avoir son opinion, l’exprimer en son nom, mais cela n’est pas le combat du collectif en lui-même.

En revanche, nous nous opposons avec la plus grande vigueur à l’idée qu’on puisse faire sortir du champ du handicap plusieurs catégories d’autistes, faussement considérés comme addicts aux écrans, et qu’on en fasse un argument pour les priver des étayages nécessaires, notamment à une inclusion scolaire réussie (AESH, aménagements d’examens, etc). Nous nous opposons à cet immonde argument économique du coût pour la société de cet étayage et à cette solution miraculeuse de l’arrêt des écrans en guise de thérapie.

Deuxième précision

Nous avons été frappés hier, lors de ces échanges twittesques, par le nombre de personnes qui s’expriment de manière extrêmement catégorique, tout en affirmant pourtant des contre-vérités ou en soutenant des positions qui démontrent clairement qu’elles n’ont pas saisi les enjeux du débat.

On sait que sur Twitter, dans l’instantanéité des échanges, on est parfois tenté d’intervenir sur tout, parfois par conviction, parfois pour défendre un allié. Cela n’empêche pas cependant de se documenter un minimum sur les sujets sur lesquels on débat, surtout quand on y met une certaine hargne. Jamais autant d’études sorties de nulle part n’ont été invoquées hier, par des gens qui font confusion sur confusion ou n’ont même pas compris le sens et la portée des études qu’ils invoquent.

On peut ne pas être d’accord avec les positions que soutient notre collectif. En revanche, il y a un reproche que l’on ne peut pas nous faire, c’est celui de ne pas maîtriser notre sujet. Le collectif Stop Autisme Virtuel est constitué de personnes d’horizons divers qui, toutes sans exception, se documentent inlassablement depuis des mois sur le sujet, lisent absolument tout ce qui est publié, et surtout, analysent chaque information. C’est cette expertise commune, régulièrement entretenue, qui nous permet d’asseoir notre argumentation et aussi de mesurer à quel point la méconnaissance de beaucoup de ceux qui relaient aveuglément la théorie de l’autisme virtuel est immense.

En cela, le COSE a réussi son coup : à force de matraquage d’idées présentées comme des vérités scientifiques, à force de conviction, bien aidés par les médias en mal d’info racoleuses, ils ont réussi à se faire passer pour des lanceurs d’alerte et à manipuler l’opinion sur l’existence d’un lien entre autisme et écran.

Il est pardonnable pour le « grand public » d’être tombé dans un piège aussi bien ficelé. En revanche, s’y vautrer en restant sourds aux arguments contraires et persister à propager ces idées néfastes sans en saisir tous les enjeux, ça l’est déjà moins.

 

ST

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