L’information grand public sur la surexposition aux écrans ne doit pas être inspirée par le COSE !

La proposition de loi sur la surexposition aux écrans votée le 20 novembre par le Sénat donne les pleins pouvoirs au CSA dans des campagnes d’information auprès du grand public et suscite au sein de notre collectif les plus vives inquiétudes.
Il ne s’agit pas ici de contester les dangers de la surexposition aux écrans, mais de dénoncer l’affirmation infondée scientifiquement qu’ils puissent susciter un syndrome « d’allure autistique » ou avoir un lien quelconque avec l’autisme TSA. Cette affirmation dangereuse notamment pour les autistes et leurs familles est abondamment propagée dans les médias et relayée auprès des pouvoirs publics par le Dr Ducanda et son collectif COSE.
Pour ceux qui ne connaissent le sujet que partiellement, le rapport entre COSE et les campagnes d’information confiées au CSA ne paraît pas évident.
Il est pourtant au cœur du sujet, et pour bien le comprendre, quelques explications s’imposent.

Petit rappel sur les théories a-scientifiques du COSE

Sans études, sans prudence, le COSE fait un lien entre surexposition aux écrans et troubles du spectre de l’autisme, allant de l’autisme virtuel à l’autisme-like, en passant par “faux autistes” VS autistes “vrais”, autistes « primaires » VS autistes « secondaires » à l’utilisation des écrans , « d’allure autistique »,  « ressemblant en tout point à des troubles autistiques » etc,etc…
thumbnail_AUTISME VIRTUEL YOUTUBE
Ces allégations qui ne sont qu’une simple intuition clinique ne peuvent être ainsi diffusées publiquement sans aucune validation scientifique d’autant plus qu’elles contreviennent aux bonnes pratiques édictées par la Haute Autorité de Santé, qui insistent sur la nécessité du repérage et du diagnostic précoces.
L’ANECAMSP, avec le soutien du CNSA, organise actuellement une campagne insistant sur l’urgence du repérage et du diagnostic en matière de handicap .
Nous rappelons qu’une loi en ce sens a été votée par l’Assemblée Nationale,insistant également sur l’urgence d’un repérage et d’un diagnostic précoces.

 

Le COSE soutient donc des positions qui ne sont pas conformes à celles adoptées par les organismes ayant autorité en matière de santé publique.

Et pourtant, le COSE va prendre une grande part dans les campagnes d’information  confiées au CSA…

CSA/ COSE : des relations étroites

Quatre membres du collectif COSE surexposition écrans (dont Sabine Duflo) ont été auditionnés dans le cadre de cette PPL .
thumbnail_SENAT 1
thumbnail_DUFLO AUTISME VIRTUEL
Or, Mme Duflo affirme explicitement dans son livre et dans les médias que l’exposition aux écrans cause des troubles autistiques, appelés dans un premier temps « autisme virtuel », puis rebaptisés au gré de l’évolution médiatique de cette pseudo alerte ainsi que de plaintes contre le Dr Ducanda, membre du même collectif, « symptômes d’allure autistique », « exposition précoce et excessive aux écrans » etc…
L’article de loi confiant le soin au CSA de mener les campagnes d’information sur le sujet  lui permettrait d’augmenter de façon colossale sa portée et de faire passer sa propagande pour des messages d’intérêts publics.
Un membre du comité experts jeunesse au CSA (Carole Bienaimé Besse) a répandu le terme a-scientifique d’”autisme virtuel” dans une dépèche AFP fin 2017 qui a fait le tour des médias du monde entier.
thumbnail_BIEN AIME 2
thumbnail_BEIN AIME 1
Elle a intégré Sabine Duflo au sein de son comité d’experts, sur lequel s’appuie le CSA, fin janvier 2018, et le calendrier n’est pas anodin puisque nous étions alors en plein matraquage médiatique autour du Dr Ducanda, après des réunions en présence de ces deux dernières.
thumbnail_CSA DUFLO
Notons également la présence de Geneviève Avenard au sein de ce même comité,défenseure des enfants auprès du Défenseur des Droits et la mention sur les écrans qui ne nous aura pas échappée dans le rapport annuel à l’occasion de la journée mondiale des droits de l’enfant.
Et pour enfoncer le clou, la sénatrice auteure de cette PPL a recommandé la nomination de Carole Bienaimé Besse au CSA.
thumbnail_MORIN DESAILLY

Ainsi,un comité dont deux membres ont brandi la théorie d’un pseudo autisme induit par les écrans auraient le loisir de légitimer ces assertions par le biais des pouvoirs publics et les propos du Dr Ducanda s’en trouveraient renforcés.

D’ores et déjà,des témoignages nous remontent de parents à qui les professionnels de l’enfance recommandent dans un premier temps une cure d’arrêt des écrans au lieu de les orienter vers des équipes de professionnels à même de confirmer ou infirmer un diagnostic d’autisme ou autre trouble du neuro-développement.
thumbnail_INFIRMIERE SCO
AUTISME 66 (1)
Des diagnostics sont retardés ou niés sur des suppositions de temps passé devant les écrans.
Le schéma départemental d’aide à l’enfance et aux familles de l’Essonne (terrain de jeu du Dr Ducanda) mentionne d’ores et déjà en page 29 une corrélation insolite et plus que douteuse (basée sur quoi?) entre écrans et augmentation de dossiers MDPH.
A l’heure où la France commençait à peine à sortir de décennies d’obscurantisme en matière d’autisme, des collectifs anti-écrans s’organisent, soutenus par des professionnels aux idées passéistes. C’est un retour en arrière brutal qui s’annonce, pour ne pas dire une catastrophe.
C.K

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s